Reinette Girard
63 Rue Paradis, 13006 Marseille, France
 

Secrets de famille ? quelle incidence ?


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Certains secrets participent à développer son imaginaire. Ils sont au service d’une construction du Moi et sont bénéfiques. Ils offrent la possibilité de différencier la sphère intime à celle du groupe familial.   Les « cachoteries » d’ailleurs deviennent de plus en plus fréquentes quand l’enfant grandit, ce qui est une façon de prendre de la distance avec ses parents. Ces secrets sont sains. Ils sont l’occasion de tracer une frontière entre lui et ses proches. Construire son jardin secret, c’est affirmer sa subjectivité, son autonomie psychique. Les parents aussi ont leurs propres secrets qui ne concernent pas en général l’histoire familiale, mais leur intimité.

• Les fonctions du secret

Il y a des non-dits rattachés à des silences pesants, autour de traumatismes indicibles, trop douloureux et impossibles à partager. Les personnes qui gardent le silence pensent ne pas pouvoir être comprises, ou évitent le risque de vivre des émotions intenses. D'autres secrets ont pour fonction de protéger la famille d'une honte familiale comme dans le cas d’inceste, de viols, de meurtres. Ces silences-là peuvent devenir de véritables problèmes et impacter les relations au sein de tout le système familial. Ils provoquent un clivage de la personnalité de ceux qui savent. Ce devoir de maintenir cette loyauté invisible peut occasionner des « ravages », selon Ancelin Anne Schützenberger.

• Transmissions inconscientes

Ces secrets se transmettent de façon inconsciente par des attitudes, des oublis de transmissions, etc.. Ces non-dits passent d’une génération à l’autre sans que personne ne s’en aperçoive. Pourtant certains signes sont présents comme des comportements inexpliqués, des évitements à certains sujets, des maladies psychosomatiques chroniques, ou du stress intense, témoignant d'un mystère entretenu. On va protéger par exemple un membre de la famille, ou l’idéaliser, ou bannir une personne sans raison précise, faire des coalitions obligeant à se positionner dans le système familial. Toutes ces attitudes, ces manières de se mettre en relation peuvent être la résultante de ce secret. La transmission se fait de façon pathologique et les descendants les ressentent  sans pouvoir identifier le problème sous-jacent.

• Les conséquences

Les conséquences peuvent être désastreuses, car selon Ancelin Anne Schützenberger, thérapeute, auteur du livre "les secrets de famille, les non-dits et le syndrome d'anniversaire », « ce qui ne s’exprime pas s’imprime ».

Certaines familles sont en souffrance et le moindre prétexte peut devenir un sujet grave, remplaçant le sujet dont on ne parle pas. Ces familles peuvent être en conflits pour de petites choses pour cacher inconsciemment le vrai sujet. Tout le monde a appris à respecter cette injonction de se taire et répète le mode de fonctionnement des anciens. C’est un pattern de fonctionnement appris au service du secret. Chacun sait inconsciemment comment éviter de parler des sujets délicats, et, mieux vaut respecter la règle. Tout ce fonctionnement relationnel et la façon de communiquer restent inconscients. Finalement le secret suinte comme le note Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste français.

Dans d’autres familles au contraire, on parle, mais de sujets factuels.  Les relations semblent lisses, sans éclat, sans émotion. On a appris à ne faire aucune vague pour éviter d’attirer l’attention, et ne pas faire remonter ce qui reste caché. La transmission inconsciente consiste à conserver une loyauté, "celle de se taire",  même si le discours  ou les attitudes des uns et des autres montrent des incohérences, des évitements ou des malaises.

• Mécanismes de répétition

Les nouvelles générations vont continuer à leur tour de fonctionner de la même façon et entretiennent l’impossibilité de symbolisation sur leur histoire familiale. L'enfant, dans ces familles à secret, ressent que quelque chose s’est passé sans pouvoir mettre du sens à ce qu’il perçoit. Les secrets transmis de "façon déguisée" risquent d’impacter son sentiment de base de sécurité.

Selon Ancelin Anne Schützenberger,  « il faudra non seulement une clé, mais aussi une contre-clé ; en effet, lorsque durant l’enfance, on n’a pas construit de sécurité de base, il sera souvent utile d’entreprendre ultérieurement un travail de reconstruction en psychothérapie transgénérationnelle, en psychogénéalogie clinique, sociologie clinique, voire psychanalyse, et d’y ajouter des recherches d’archives pour tout vérifier et revérifier. »


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