Le Ça, le Moi et le Surmoi : comprendre enfin les trois forces qui façonnent votre personnalité

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Les trois forces de votre personnalité en vidéo

La théorie freudienne, développée par le célèbre psychanalyste Sigmund Freud, constitue une pierre angulaire de la compréhension moderne de la personnalité humaine. Au cœur de cette théorie se trouvent trois instances psychiques fondamentales : le Ça, le Moi et le Surmoi. Chacune joue un rôle essentiel dans la formation de notre psychisme et influence profondément notre comportement quotidien.

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Il nous arrive de savoir ce que nous voulons et, pourtant, de ne pas nous l'autoriser.

Nous avons envie de dire non, mais nous disons oui. Nous voudrions penser davantage à nous, mais nous culpabilisons. Nous savons qu'une situation ne nous convient plus, mais quelque chose nous retient.

Ces contradictions sont très humaines.

Freud a tenté de comprendre ces conflits intérieurs à travers trois instances psychiques : le Ça, le Moi et le Surmoi.

Derrière ces termes un peu théoriques se cachent finalement des choses que nous rencontrons tous dans notre quotidien : nos désirs, nos interdits, notre culpabilité et la nécessité de composer avec la réalité.

Le Ça, le Moi et le Surmoi : simplement

On pourrait dire, pour simplifier, que le Ça veut, que le Surmoi interdit ou impose, tandis que le Moi essaie de composer avec les deux.

Évidemment, notre fonctionnement psychique est plus complexe. Mais cette représentation permet déjà de comprendre certains de nos conflits.

Le Ça : ce qui veut être satisfait

Le Surmoi se construit notamment à partir des interdits, des règles, des valeurs et des attentes que nous avons intériorisés au cours de notre histoire.

Il est nécessaire. Nous avons besoin de limites pour vivre avec les autres.

Mais chez certaines personnes, il peut devenir particulièrement exigeant.

On retrouve alors des pensées comme :

« Je devrais être capable de gérer. »
« Je ne dois pas décevoir. »
« Je dois penser aux autres avant de penser à moi. »
« Je n'aurais pas dû dire cela. »

La personne peut avoir objectivement le droit de dire non et pourtant ressentir une forte culpabilité lorsqu'elle le fait.

C'est là que la notion de Surmoi devient intéressante en thérapie : pourquoi certaines exigences intérieures prennent-elles autant de place ?

Le Moi essaie de trouver un chemin possible

Entre nos désirs, nos interdits et ce que la réalité nous permet, le Moi essaie de composer.

Freud parle alors de principe de réalité.

Prenons une situation très ordinaire.

Vous allez travailler et vous avez envie de vous arrêter boire un café. Mais une réunion importante vous attend.

Une partie de vous pourrait dire :

« J'en ai envie, je m'arrête. »

Une autre :

« Certainement pas. Tu vas travailler et tu ne perds pas ton temps. »

Et puis il peut y avoir une troisième possibilité :

« Je prends mon café à emporter et je le boirai en arrivant. »

Cela paraît anodin. Pourtant, nous faisons constamment ce type d'arbitrage.

Votre article utilisait déjà cet exemple du café et du gâteau pour illustrer les trois instances ; je le conserverais précisément parce qu'il rend Freud beaucoup plus concret

Pourquoi est-ce parfois si difficile de faire ce que l'on veut ?

C'est évidemment lorsque le conflit devient plus profond que cela devient intéressant.

En thérapie, une personne peut par exemple expliquer qu'elle voudrait davantage penser à elle. Pourtant, dès qu'elle pose une limite à quelqu'un, elle culpabilise.

Une autre sait qu'une relation la fait souffrir mais n'arrive pas à s'en éloigner.

Une autre encore s'impose énormément de choses et ne parvient jamais à considérer que ce qu'elle fait est suffisant.

Il ne s'agit plus simplement de savoir ce que l'on veut.

Il faut essayer de comprendre ce qui nous empêche de nous l'autoriser.

Et parfois, derrière un « je dois » ou un « je ne peux pas », on retrouve des attentes ou des interdits beaucoup plus anciens.

Par exemple :

Équilibre psychologique entre Ça, Surmoi et Moi

Quand la culpabilité prend beaucoup de place

La culpabilité n'est pas forcément problématique. Elle participe aussi à notre capacité à tenir compte de l'autre.

Mais certaines personnes culpabilisent presque en permanence.

Elles culpabilisent de dire non, de prendre du temps pour elles, de ne pas répondre immédiatement à une demande, parfois même d'être en colère.

Elles savent rationnellement qu'elles n'ont rien fait de mal. Pourtant, intérieurement, elles ont le sentiment d'avoir transgressé quelque chose.

Le travail thérapeutique peut alors amener à se demander :

Qu'est-ce que je crains si je ne réponds plus à cette attente ?

C'est souvent plus intéressant que d'essayer simplement de faire disparaître la culpabilité.

Et vous, reconnaissez-vous certains de ces comportements ?

Et lorsque le conflit devient difficile à supporter ?

psychanalyse

Nous avons aussi différentes manières de nous protéger de ce qui nous met intérieurement en difficulté.

Freud et les psychanalystes après lui ont parlé de mécanismes de défense.

Le refoulement, la projection ou la rationalisation en font partie.

Ces mécanismes ne signifient pas que quelque chose « ne va pas » chez une personne. Ils font partie de notre fonctionnement psychique.

En revanche, lorsqu'une même manière de se protéger revient constamment et nous enferme dans des situations qui nous font souffrir, il peut être utile de chercher à comprendre ce qui se joue.

Ce que l'on travaille réellement en thérapie

Personne ou presque ne vient consulter en disant :

« Mon Surmoi est trop sévère. »

Les personnes disent plutôt :

« Je culpabilise tout le temps. »
« Je n'arrive pas à dire non. »
« Je recommence toujours la même chose. »
« Je ne comprends pas pourquoi je réagis comme ça. »

C'est à partir de ce qui se passe aujourd'hui que l'on peut progressivement remonter vers ce qui s'est construit au cours de l'histoire de la personne.

Le Ça, le Moi et le Surmoi deviennent alors des repères pour penser ce qui se joue, et non des étiquettes que l'on pose sur quelqu'un.

Par exemple, une personne peut expliquer qu'elle n'arrive jamais à refuser lorsque sa famille lui demande quelque chose. Elle accepte, même lorsqu'elle est fatiguée ou qu'elle avait prévu autre chose. Pourtant, lorsqu'elle essaie enfin de dire non, elle se sent immédiatement coupable.

En thérapie, il ne s'agit pas simplement de lui apprendre à dire non. On peut chercher à comprendre pourquoi ce refus provoque autant de culpabilité : qu'a-t-elle appris dans son histoire familiale sur le fait de penser à soi, de décevoir ou de ne pas répondre aux attentes des autres ?

C'est à partir de ce qui se passe aujourd'hui que l'on peut progressivement remonter vers ce qui s'est construit au cours de l'histoire de la personne.

Le Ça, le Moi et le Surmoi deviennent alors des repères pour comprendre ce conflit intérieur, et non des étiquettes que l'on pose sur quelqu'un.

Ce que cet exemple permet de comprendre

Cet exemple montre que nous sommes régulièrement confrontés à des désirs contradictoires. Nous pouvons avoir envie de quelque chose tout en sachant que la réalité nous impose certaines limites.

Le rôle du Moi n'est pas de faire disparaître le désir ni de nous soumettre systématiquement aux interdits. Il tente de composer avec ces différentes exigences.

Lorsque ces conflits deviennent trop importants ou se répètent, ils peuvent être source de culpabilité, d'angoisse ou de frustration. C'est alors leur sens et leur histoire que l'on peut chercher à comprendre en thérapie.

Mieux comprendre ses contradictions

Nous ne sommes pas toujours cohérents avec nous-mêmes.

Nous pouvons aimer quelqu'un et être en colère contre lui. Vouloir partir et souhaiter rester. Désirer quelque chose et nous l'interdire.

C'est aussi cette ambivalence que la psychanalyse permet d'explorer.

Le but n'est pas de supprimer tous nos conflits intérieurs. Il s'agit plutôt de comprendre pourquoi certains prennent autant de place et nous empêchent parfois de vivre comme nous le souhaiterions.

Et lorsqu'on commence à comprendre d'où viennent certaines exigences, certaines culpabilités ou certaines répétitions, il devient parfois possible de ne plus les subir de la même manière.

psychanalyse freudienne

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