Pourquoi suis-je tout le temps en colère ou irritable ?

5 vues

Quand l’irritabilité ne ressemble plus à une émotion passagère

La colère fait partie de nos émotions. Elle peut apparaître lorsque nous nous sentons injustement traités, lorsqu’une limite est franchie, lorsque nous sommes frustrés ou que nous avons le sentiment de ne pas être entendus. Dans ces situations, elle peut avoir une fonction utile : elle nous indique que quelque chose mérite notre attention.

Mais il arrive que la colère change de place dans notre vie. Nous ne sommes plus seulement en colère à propos d’une situation précise. Nous devenons plus irritables, plus impatients, parfois à cran dès le matin. Une remarque banale nous agace, un imprévu devient difficile à supporter et nous pouvons réagir beaucoup plus fortement à des situations que nous aurions auparavant mieux tolérées.

personne  en colère

Certaines personnes disent alors : « Je ne me reconnais plus » ou « Je m’énerve pour rien ».

Lorsque cette irritabilité s’installe, la question n’est plus seulement de savoir comment contrôler sa colère. Il peut être utile de chercher à comprendre pourquoi notre seuil de tolérance semble avoir diminué et ce qui nous rend aujourd’hui plus vulnérables aux contrariétés.

Pourquoi devient-on plus irritable ?

Thérapie familiale à Marseille 

L’irritabilité n’a pas une cause unique. Elle peut apparaître dans des périodes où nous sommes particulièrement sollicités, fatigués ou préoccupés.

Le manque de sommeil, une accumulation de stress, une charge mentale importante, des tensions relationnelles ou une période d’incertitude peuvent progressivement réduire notre capacité à supporter ce qui, habituellement, ne nous affecterait pas autant.

Nous pouvons alors avoir l’impression que les autres nous agacent davantage ou que tout devient source de tension. Pourtant, ce n’est pas nécessairement notre environnement qui a changé. Ce sont parfois nos ressources qui se sont progressivement épuisées.

L’anxiété peut également s’accompagner d’irritabilité. Lorsqu’une partie importante de notre énergie est mobilisée par l’anticipation, l’inquiétude ou la vigilance, une demande supplémentaire ou un imprévu peut devenir beaucoup plus difficile à tolérer.

Thérapie familiale à Marseille 

Quand l’irritabilité accompagne une souffrance psychique

Nous associons souvent la souffrance dépressive à la tristesse. Pourtant, elle ne se manifeste pas toujours uniquement par le fait de pleurer ou de se sentir visiblement triste.

Chez certaines personnes, l’irritabilité peut s’accompagner d’une fatigue importante, de troubles du sommeil, d’une diminution de l’énergie, d’une perte d’envie ou du sentiment que tout demande davantage d’efforts.

Lorsque nos ressources psychiques diminuent, ce que nous arrivions auparavant à supporter peut devenir beaucoup plus difficile. Un bruit, une demande supplémentaire, une contrariété ou un changement de programme peuvent suffire à déclencher une réaction inhabituelle.

Après s’être emportée, la personne peut ressentir de la culpabilité, du découragement ou avoir envie de s’isoler.

Cela ne signifie évidemment pas que toute personne irritable traverse une dépression. C’est plutôt l’association de plusieurs changements, leur durée et leur retentissement sur la vie quotidienne qui peuvent indiquer qu’il serait utile d’en parler.

Quand la colère devient une réaction de défense

colère comme réaction de défense

Chez certaines personnes, l’irritabilité s’accompagne davantage d’une sensation d’alerte. La réaction est très rapide, parfois avant même d’avoir eu le temps de comprendre ce qui vient de se passer.

Un ton de voix, une critique, un silence ou une situation de conflit peuvent provoquer une tension corporelle importante et un besoin immédiat de se défendre, de fuir ou de reprendre le contrôle.

Dans certains vécus traumatiques, cette réactivité peut être liée à un système de protection devenu particulièrement sensible au danger. La situation présente n’est alors pas toujours la seule chose à prendre en compte. Quelque chose dans cette situation peut faire écho à une expérience antérieure d’insécurité, d’impuissance, d’humiliation ou de menace.

La colère peut alors avoir une fonction protectrice : elle apparaît très vite parce que quelque chose est perçu comme menaçant.

Là encore, une irritabilité importante ne signifie pas nécessairement qu’il existe un traumatisme. Cette hypothèse ne peut prendre sens qu’en étant replacée dans l’histoire et le vécu de la personne.

« Pourquoi est-ce que je réagis aussi fortement ? »

C’est souvent une question que l’on se pose après coup. Sur le moment, la réaction semble presque immédiate. Une fois la tension redescendue, nous pouvons nous demander pourquoi une situation apparemment banale a pris autant d’importance.

Plutôt que de se reprocher uniquement d’avoir « encore mal réagi », il peut être intéressant d’observer ce qui se passait avant la colère.

Avant la colère : Quels facteurs ?

  • Fatigue ou tension - Êtes-vous déjà fatigué ou sous tension ?
  • Sommeil - Dormez-vous suffisamment ?
  • Intolérance accumulée - Avez-vous l’impression de ne plus supporter grand-chose depuis plusieurs semaines ?
  • Période chargée - Traversez-vous une période particulièrement chargée ou anxiogène ?
  • Sentiment d'impuissance - Avez-vous plutôt ressenti une menace, une peur, une humiliation ou une impression de perdre le contrôle ?

Après la colère : Quelles réactions ?

Observer ce qui se passe après peut également apporter des éléments. Certaines personnes ressentent surtout une grande fatigue, du découragement ou de la culpabilité.

D’autres restent longtemps en alerte, repensent à la scène ou cherchent ensuite à éviter les situations susceptibles de provoquer la même réaction.

Il ne s’agit pas de poser soi-même un diagnostic, mais de commencer à comprendre que toutes les irritabilités et toutes les colères ne racontent pas nécessairement la même chose.

Quand faut-il s’inquiéter de son irritabilité ?

Un épisode de colère, même intense, ne suffit pas à conclure qu’il existe un problème psychologique. Ce qui mérite davantage d’attention est un changement qui s’installe et commence à avoir des conséquences sur le quotidien.

Vous pouvez par exemple constater que votre irritabilité devient presque permanente, que vos proches vous trouvent différent, que vos relations se détériorent ou que votre sommeil, votre énergie ou votre capacité à vous concentrer sont également affectés.

persinne inquiète de se mettre en colère facilement

La souffrance ressentie est également importante. Si vous passez beaucoup de temps à essayer de contenir vos réactions, si vous culpabilisez régulièrement après vos colères ou si vous avez le sentiment de ne plus vous reconnaître, il peut être utile d’en parler.

Une irritabilité nouvelle, persistante ou inhabituelle peut également avoir des causes qui ne sont pas uniquement psychologiques. Lorsqu’elle s’accompagne d’autres changements importants, en parler avec son médecin peut permettre d’évaluer plus largement la situation.

Comprendre son irritabilité dans le cadre d’une thérapie

Un travail thérapeutique ne consiste pas simplement à apprendre à « ne plus se mettre en colère ». Il peut permettre de comprendre ce qui rend cette émotion ou cette irritabilité aussi présente aujourd’hui.

Est-elle liée à une période d’épuisement ? À une anxiété importante ? À une souffrance plus générale ? Certaines situations réactivent-elles une insécurité plus ancienne ? Existe-t-il des relations ou des circonstances dans lesquelles cette irritabilité apparaît davantage ?

La réponse n’est pas nécessairement immédiate. Mais comprendre progressivement ce qui se joue permet de ne plus considérer uniquement l’irritabilité comme un défaut de caractère qu’il faudrait faire disparaître.

Lorsque vous ne vous reconnaissez plus dans vos réactions, cette irritabilité peut parfois être moins le problème lui-même qu’un signal indiquant que quelque chose mérite d’être entendu.

Cet article apporte des repères généraux et ne remplace pas une évaluation médicale ou psychologique personnalisée.


Articles similaires